On marche sans fuir, sans attendre de miracles. Juste pour comprendre pourquoi le cœur continue de battre, même quand tout semble vide.
Parfois, sous la poussière, une fleur insiste pour naître. Elle ne promet rien, elle s’ouvre simplement.
L’amour, le bonheur, la lumière… ils ne préviennent pas. Ils se glissent dans un regard, un rire, un instant trop long. Et pourtant, ils sont déjà là, juste sous nos pas.
Alors on avance. Encore.
Dans ce bout de monde où le simple devient sacré. 🌿
Ce poème est né d’une image simple mais puissante, tirée d’un récit que j’ai lu :
“À l’été 1943, en dehors du camp d’Oświęcim, même un petit acte pouvait signifier la vie ou la mort. Chaque matin, les prisonniers traversaient un village voisin sur le chemin du travail forcé, la tête baissée, les yeux vides. Parmi eux, il y avait Eli, un garçon de 12 ans. Un matin, une jeune fille, debout derrière une barrière, a jeté une pomme. Elle a roulé aux pieds d’Eli. Pour un battement de cœur, il s’est figé, incertain si c’était un piège ou un miracle. Les gardes n’avaient pas remarqué. La fille a rencontré ses yeux et a fait le plus faible signe de tête. Avec les mains tremblantes, il cacha la pomme sous sa chemise. Cette nuit-là, Eli partagea la pomme avec quatre autres. Sa douceur portait le goût d’un autre monde : un monde de bonté, de lumière et de liberté.”
J’ai voulu garder l’intensité de ce geste minuscule, mais le transformer en poème pur, où le lecteur ressent la peur, la beauté du paysage et la fragilité de la bonté, sans narration.
Ici, le poème ne raconte pas l’histoire de manière chronologique. Il cherche à faire vivre l’instant, à montrer comment un simple geste peut devenir lumière au milieu de l’horreur : la poussière, le vent, la chaleur, le rouge d’un fruit — tout devient palpable, presque tangible.
C’est un hommage à tous les gestes minuscules qui tiennent debout face à l’inhumanité, et à la beauté fragile qui persiste même dans les moments les plus sombres.
Note de l’Autrice — “Lueur d’une Rencontre Inachevée”
Ce poème parle d’une rencontre bien réelle, mais restée incomplète.
De ce lien né d’un instant vrai, qui continue pourtant de vibrer au-delà du temps et de la distance.
Il dit la trace que laisse une présence quand la vie choisit une autre route.