Moi, le chat des rues est une réflexion intime et poétique qui donne une voix au chat errant, souvent idéalisé pour sa liberté, mais dont la réalité est empreinte de solitude et de privation. En tant qu'auteure, j'ai voulu capturer les pensées d'un être qui incarne à la fois l'indépendance et une forme de vulnérabilité que l'on oublie parfois.
Dans le premier couplet, je commence par la façade : ce chat est libre, sans attaches ni contraintes. Il évolue dans un monde où la lune est sa compagne, et les rues sont son domaine. Pourtant, j'insiste sur une contradiction : derrière cette liberté, une envie profonde le ronge. Il aspire à quelque chose de plus stable, de plus chaleureux.
Les deuxième et troisième couplets explorent ce désir. Le chat, bien que perçu comme un symbole d'autonomie, rêve d'un foyer. Il imagine un endroit où il n'aurait plus à chercher sa nourriture ni affronter le froid des nuits. Ce foyer devient une métaphore de la sécurité, de l'amour et du réconfort, incarnée par des gestes simples – un bol rempli, des mains bienveillantes.
Ensuite, j'ai voulu donner vie à cette relation rêvée. Le chat imagine ses interactions avec ses futurs compagnons humains : la fidélité qu’il offrirait, les moments d’affection, les petits rituels qui construisent une relation entre un animal et son maître. Chaque image – se frotter aux jambes, monter sur les genoux – est à la fois simple et universelle, évoquant la tendresse que l'on partage avec un animal aimé.
Enfin, le dernier couplet est un aboutissement, un rêve exprimé dans sa forme la plus pure : devenir un compagnon fidèle, aimé et choyé. À travers ce poème, j’ai voulu rappeler que, même les créatures les plus libres, comme les chats des rues, portent en elles des désirs d’amour et de connexion.
En écrivant cela, j’ai aussi souhaité inviter le lecteur à voir les chats errants avec un regard plus compatissant, à imaginer ce qu’ils ressentent et à envisager de leur offrir, peut-être, ce foyer dont ils rêvent.